Histoire & jeux d'Histoire 39-45
Ouvrages de Jean Lopez
Journaliste et historien, Jean Lopez
a entrepris de brosser une vaste fresque du conflit germano-soviétique.
Ses ouvrages Koursk et Stalingrad ont été primés par l'Académie des
sciences morales et politiques.
STALINGRAD - La bataille au bord du gouffre, éd. Economica 2008.
Cet ouvrage couvre les opérations militaires menées
en Russie du sud entre mai 1942 et mars 1943, dont la destruction de la
6ème Armée à Stalingrad est le point d'orgue. Tous les éléments
permettant de comprendre cet évènement inouï sont analysés : les graves
défaites soviétiques du printemps (Kharkov, Crimée), les tentatives
d'intoxication des deux camps (dont la mystérieuse opération Kreml),
les problèmes logistiques écrasants, l'échec pitoyable des T-34 dans la
boucle du Don... Les raisons de la combativité des Soviétiques dans la
ville font l'objet d'un examen systématique, loin des caricatures
jusqu'ici proposées. L'effort d'adaptation des deux adversaires à la
guerre urbaine - nouveauté radicale de l'histoire militaire - est
décortiqué, de même que l'échec du pont aérien de la Luftwaffe. Au
passage, l'auteur fait tomber nombre de mythes et de légendes : non,
Paulus n'avait aucune chance de réussir une percée ; oui, Hitler a eu
raison de refuser l'ordre de sortie ; non, la bataille n'était pas
perdue d'avance pour la Wehrmacht ; oui, l'Union soviétique est bien
dans la situation catastrophique qu'a prédite Hitler. Des aspects
méconnus de la bataille sont également développés : la contre-offensive
soviétique n'a pas une chance sur cent de réussir au moment où elle est
conçue ; Eremenko a magnifiquement bloqué la tentative de dégagement de
Manstein ; le renseignement allemand a subi son pire échec de la
guerre... à cause d'un fiasco longtemps tenu secret par les Soviets !
Hitler a laissé filer une chance réelle de priver l'URSS de pétrole et
Staline, par excès de nervosité, a manqué un "super Stalingrad", qui
aurait raccourci la guerre de dix-huit mois. Trente-huit cartes
permettent de suivre en détail l'ensemble des opérations et de regarder
d'un œil neuf la plus célèbre bataille de la Seconde Guerre Mondiale.
KOURSK - Les quarantes jours qui ruiné la Wehrmacht (5 juillet-20août 1943), éd. Economica 2008.
Le 5 juillet 1943, autour de la ville de Koursk,
Hitler déchaîne la plus importante bataille de matériel de la Seconde
Guerre Mondiale. Durant douze jours, près de trois millions d'hommes, 8
000 chars et 5 000 avions vont s'afronter dans une mêlée dantesque.
Appuyé sur les derniers travaux américains, allemands et russes, cet
ouvrage décape la vision de la bataille de Kousrk, en démonte les
mythes et les légendes. Non, l'opération Citadelle n'était pas une
mauvaise idée, et Hitler n'a pas compromis les chances allemandes. Oui,
la Wehrmacht est passée à deux doigts de la victoire. Non, les Panzers
n'ont pas été laminés : ce sont les T-34 qui ont reçu une terrible
correction. Non encore, l'espionnage n'explique pas le succès de
l'Armée Rouge. Oui, enfin, cette bataille est une des plus importantes
du conflit, à condition de la considérer en même temps que les
contre-offensives soviétiques d'Orel et de Kharkov. Ce livre souligne
les progrès opérationnels des Soviétiques, leur supériorité dans la
planification stratégique, leur maîtrise de la maskirovka, cet art de
tromper l'ennemi sur ses buts véritables. Il met en lumière le rôle
joué par la bataille de Mious, demeurée quasi inconnue en Occident.
BERLIN - Les offensives géantes de l'Armée Rouge.
Vistule - Oder - Elbe (12 janvier-9 mai 1945), éd. Economica 2009.
Dans ce livre, Jean Lopez décrit et analyse en
détail les offensives géantes menées par l'Armée Rouge en 1945 :
l'Opération Vistule-Oder, la conquête de la Prusse-Orientale, de la
Poméranie, de Dantzig et de la Silésie, puis la dernière charge, de
l'Oder vers l'Elbe en passant par Berlin. Au moins deux éléments
nouveaux apparaissent. D'une part, la Wehrmacht n'est pas aussi
diminuée qu'on la dit : les combats sont acharnés comme jamais et,
quasiment jusqu'au bout, surgissent des unités nouvelles. D'autre part,
la performance des Soviétiques, entre Vistule et Oder, égale par ses
qualités techniques et organisationnelles celle réalisée par les
Allemands durant l'été 1941.
L'intérêt majeur de ce livre réside en ce que, pour
la première fois en français, l'art opératif soviétique est expliqué de
façon accessible, son application exposée concrètement dans la
conception et le déroulement des batailles, que l'on suit à l'aide de
55 cartes et schémas.
Ce Berlin est indispensable à qui veut comprendre
pourquoi et comment les inventions doctrinales de l'Armée Rouge
serviront à revivifier la pensée militaire occidentale, des années 1980
à nos jours. Aux amateurs d'histoire-bataille, il offre une plongée au
cœur d'un des plus grands déchaînements de violence de toute l'histoire
humaine, de la prise apocalyptique de Königsberg aux furieux assauts
sur l'Oder, du sanglant chaudron de Halbe aux combats de rue dans la
capitale du Reich. D'étonnants épisodes militaires, comme l'anabase du
XXIVème Panzerkorps, l'offensive allemande vers Lauban ou l'opération
Sonnenwende, sont aussi exposés pour la première fois en français avec
ce degré de détail.
LE CHAUDRON DE TCHERKASSY-KORSUN et la bataille pour
le Dniepr (septembre 1943-février 1944), éd. Economica 2011.
la bataille dite de Tcherkassy pour les Allemands et
de Korsun pour les Russes écrit le dernier épisode d'une série
d'opérations largement ignorées, la "bataille pour le Dniepr", la plus
importante du conflit germano-soviétique, après Barbarossa, par sa
durée et les effectifs engagés.
De septembre 1943 à février 1944, en effet, la
moitié de l'Armée Rouge affronte pour la possession du grand fleuve
ukrainien la meilleure part de la Wehrmacht. Si les Soviétiques
connaissent à cette occasion leur plus grave fiasco aéroporté, ils
réussissent des rocades et des percées remarquables tandis que les
Allemands se montrent incapables de transformer en succès durables les
coups de butoirs de neuf Panzerdivisionen, pourtant magnifiquement
conduits par Manstein.
L'ouvrage offre une description minutieuse de
l'encerclement de deux corps allemands à Korsun et des vingt-six jours
de combats acharnés, menés dans les pires conditions météo, qui
préludent à leur délivrance partielle. Ces combats, peu connus, ont
causés aux Allemands plus de pertes en chars que la bataille de Koursk
! Jean Lopez livre ici un récit haletant, très documenté, sur les
calculs et les obsessions d'Hitler et de Staline, sur les performances
de Vatoutine, Koniev et Manstein, mais aussi sur les souffrances
inouïes vécues par quatre millions de Landsers et de frontoviki.
Le lecteur trouvera aussi d'importants aperçus sur
le transport aérien allemand, sur les forces aéroportées soviétiques,
sur le grand passage à vide de l'arme blindée rouge ainsi que sur le
rôle de l'encerclement dans les deux pensées militaires qui
s'affrontent.
OPERATION BAGRATION - La revanche de Staline (été 1944), éd. Economica 2014.
A l'été 1944, au cours de l'opération Bagration,
l'Armée Rouge détruit le Groupe d'armées Centre allemand, celui-là même
qui s'était approché à 30 km de Moscou deux ans et demi auparavant.
Avec 28 divisions détruites, le Reich encaisse sa pire défaite, qui est
aussi la plus lourde de toute l'histoire militaire allemande. Le plan
de l'opération Bagration est diaboliquement habile et recèle bien des
surprises, stratégiques et tactiques, dont une au moins est mise au
jour pour la première fois. Les conséquences politiques de l'opération
ont été gigantesques. L'attentat contre Hitler, l'insurrection de
Varsovie lui sont directement liés.
Cet ouvrage analyse en détail le lien
qu'entretiennent Bagration et Overlord, le débarquement en Normandie.
Il montre comment l'une est la condition du succès de l'autre et
comment leur concommitence lance le premier combat de la Guerre froide.
Autres livres, écrits avec Lasha Otkhmezuri :
JOUKOV - L'homme qui a vaincu Hitler, éd. Perrin 2013.
GRANDEUR ET MISERE DE L'ARMEE ROUGE - Témoignages inédits 1941-1945, éd. Seuil 2011